[Livres] Les Exploits d'un jeune don Juan (Apollinaire)

Publié le par Jo , le Cake Sauvage

Les Exploits d'un jeune don Juan

Guillaume Apollinaire

 

Apollinaire, quel nom aux consonnances comiques, mélange improbable entre 'Apollon' et 'Luminaire'.

( Pas si improbable que ça d'ailleur quand dans ces textes il est question d'amours lumineux.).

Pourquoi irais-je lire les élucubrations d'un encore, très certainement au vu de son nom, célèbre poete ?
Nous ne somme plus en études, et ce genre de lecture forcée d'auteurs rabachés, archaiques et hors le coup n'a vraiment rien pour éveiller l'intérêt. Voilà dans quel état d'esprit je considerais tous ces auteurs des temps passés... et bien passé !

Pourtant outre l'aguichante représentation d'une guépière, c'est le terme don Juan qui retint mon regard et me fis parcourir les quelques mots qui, au dos, résumait son propos. Il était question d'une initiation amoureuse, et l'idée de retrouver l'esprit d'un Pierre Louÿs m'incita à en faire l'acquisition. Apres tout, pour deux euros, ce n'était point un paris risqué !

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Contrairement à Maupassant qui s'attardera comme un Balzac
à tout décrire avec la minutie de détails d'une photographie,
ôtant du même coup la vie à la scène pour n'en rendre que la vue,
Apollinaire, lui, se lance dans une narration beaucoup plus vive et enjouée racontant par l'intermédiaire du héros (on pourrait même dire 'éros' au vu de son rôle ...), la découverte de sa sexualité à la pré-adolescence, puis les envies qui lui viennent au fur et à mesure qu'il enrichit ses connaissances sur un sujet qui devient la puberté venant son unique sujet de prédilection. Celui qui lirait ce livre reconnaitra les questions qui lui taraudaient alors l'esprit lors de cette période charnière dans la vie d'un homme. Erotisme, séduction, fantasmes mais aussi perversions. Hypocrisie et faux-semblants aussi. Passant de l'autre côté du mirroir, dans les coulisses, notre jeune don juan, aidé des privilèges et de la témérité que donne l'enfance accède aux petits secret de son entourage. Voyant bien que, comme le suggérait McKain, ce ne sont pas ceux qui en parlent le moins qui en font le moins. Tout autour de lui, le monde joue son Tartuffe ( "cachez moi ce sein que je ne saurais voir") mais quand le rideau est baissé , il s'en passe de belle. Et notre héros entendant bien participer  généreusement à cette activité. Tel un lapin au rythme coppulatoire effrené il n'aura cesse de séduire et possèder tout ce qui possede des atours féminins dans son entourage. ( On pourrait, si vous permettez ce néologisme, le qualifier de précurseur du MDF, un Mort De Faim, cet individu assoiffé d'extase qui parcourt le réseau à présent)

Auteur du début du 20e siecle, Apollinaire nous parle de tout sans tabous, y compris inceste, onanisme, parfois teinté de details scatophiles ( sans pour autant allez dans la démesure du Marquis de Sade, pour qui la merde pleut à torrent :) ). N'oublions pas que tout ceci est fantasmé d'une part et que les moeurs se fixaient d'autres limites en ce temps. Les frontières n'ont pas disparu avec mai 68, elles ont juste changé de place.

Honnêtement cela ne vaut pas Louÿs, mais vous aurez plaisir à vous remémorrer vos propres experiences et pourquoi pas avoir un peu de nostalgie sur vos actes manqués.

Publié dans Livres

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kiruakiller 27/11/2006 04:05

je suis d'accord, ça ma pas du tout envi de l'acheter et encore moin de le lire, mais beau petit billet que voilà monsieur Jo.K!

cat 25/01/2005 00:25

arf!!! hé jojo!!! tu ferais un tres bon critique litteraire toua!!!! c'est bien ecrit, clair et ya de l'humour et venant de toi, c pas etonnant ;)