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Apollinaire, quel nom aux consonnances comiques, mélange improbable entre 'Apollon' et 'Luminaire'.
( Pas si improbable que ça d'ailleur quand dans ces textes il est question d'amours lumineux.).
Pourquoi irais-je lire les élucubrations d'un encore, très certainement au vu de son nom, célèbre poete ?
Nous ne somme plus en études, et ce genre de lecture forcée d'auteurs rabachés, archaiques et hors le coup n'a vraiment rien pour éveiller l'intérêt. Voilà dans quel état d'esprit je considerais tous ces auteurs des temps passés... et bien passé !
Pourtant outre l'aguichante représentation d'une guépière, c'est le terme don Juan qui retint mon regard et me fis parcourir les quelques mots qui, au dos, résumait son propos. Il était question d'une initiation amoureuse, et l'idée de retrouver l'esprit d'un Pierre Louÿs m'incita à en faire l'acquisition. Apres tout, pour deux euros, ce n'était point un paris risqué !
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Contrairement à Maupassant qui s'attardera comme un Balzac
à tout décrire avec la minutie de détails d'une photographie,
ôtant du même coup la vie à la scène pour n'en rendre que la vue,
Apollinaire, lui, se lance dans une narration beaucoup plus vive et enjouée racontant par l'intermédiaire du héros (on pourrait même dire 'éros' au vu de son rôle ...), la découverte de sa sexualité à la pré-adolescence, puis les envies qui lui viennent au fur et à mesure qu'il enrichit ses connaissances sur un sujet qui devient la puberté venant son unique sujet de prédilection. Celui qui lirait ce livre reconnaitra les questions qui lui taraudaient alors l'esprit lors de cette période charnière dans la vie d'un homme. Erotisme, séduction, fantasmes mais aussi perversions. Hypocrisie et faux-semblants aussi. Passant de l'autre côté du mirroir, dans les coulisses, notre jeune don juan, aidé des privilèges et de la témérité que donne l'enfance accède aux petits secret de son entourage. Voyant bien que, comme le suggérait McKain, ce ne sont pas ceux qui en parlent le moins qui en font le moins. Tout autour de lui, le monde joue son Tartuffe ( "cachez moi ce sein que je ne saurais voir") mais quand le rideau est baissé , il s'en passe de belle. Et notre héros entendant bien participer généreusement à cette activité. Tel un lapin au rythme coppulatoire effrené il n'aura cesse de séduire et possèder tout ce qui possede des atours féminins dans son entourage. ( On pourrait, si vous permettez ce néologisme, le qualifier de précurseur du MDF, un Mort De Faim, cet individu assoiffé d'extase qui parcourt le réseau à présent)
Auteur du début du 20e siecle, Apollinaire nous parle de tout sans tabous, y compris inceste, onanisme, parfois teinté de details scatophiles ( sans pour autant allez dans la démesure du Marquis de Sade, pour qui la merde pleut à torrent :) ). N'oublions pas que tout ceci est fantasmé d'une part et que les moeurs se fixaient d'autres limites en ce temps. Les frontières n'ont pas disparu avec mai 68, elles ont juste changé de place.
Honnêtement cela ne vaut pas Louÿs, mais vous aurez plaisir à vous remémorrer vos propres experiences et pourquoi pas avoir un peu de nostalgie sur vos actes manqués.
Parce que les trajets en transports urbains sont long et sans saveur.
Parce que deux euros, c'est vraiment peu pour égayer une heure.
Voici une occasion unique, de découvrir de Maupassant une autre corde que le Fantastique.
Ici point de Horla, hantant les murs ici ou là. Mais des corps, las et là. Reprenant avec un rythme que Sade connait bien, ces anecdotes érotiques qui égaient le quotidien.
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L'Avis de Jo :
Un recueil de nouvelles qui se laisse lire. Ce n'est pas transcendant mais j'ai eu plaisir à découvrir cette autre facette de Maupassant que je ne connaissais pas. Il est amusant aussi de voir comme certains sujets aujourd'hui tabous avaient droits de citée à l'époque (cad fin 19e siecle). Lorsqu'il parle des pays maghrebins la description est emprunte d'un exotisme onirique, le tout parsemée de la teinte colonialiste alors en vigueur. Les femmes y sont belles, mais aussi assimilées à des créatures sauvages et pleines de mystères ( la vision de la femme est encore bien machiste en ce temps). Un ton et une vision qui seraient décriés à présent mais qui remis dans le contexte d'antant ne sonnent pas faux pour l'équilibre de l'histoire et donne l'état d'esprit alors partagé sur le continent. On y parle aussi de maris trompés, de veuves éplorées inconsolables ( mais pas pour qui sait y faire), voir de coureurs de jupons pour qui chaque jour est un nouveau défi dans l'art du badinage, lancés en avant tel un général à l'inextingible soif de conquètes.
Tout ceci reste tres sobre et est plus suggèré que cruement détaillé. Mais si vous aviez quelques scrupules quand à votre propre comportement et au "qu'en dira t'on ?", vous avez là la preuve flagrante que nous n'avons rien inventé en matière de relations et que nos ancêtres, quoique plus discrets, n'était pas forcemment plus sages... loin de là. Et ce n'est pas Apollinaire qui viendra le contredire.
A lire quand on se pose des questions sur la moralité des choses, pour mieux comprendre l'homme. Ou tout simplement pour partager quelques grivoiseries.
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